Une accolade avec Harry Kane, un maillot floqué à son nom, et le sourire d’un homme qui touche du doigt un rêve. Ismael Saibari est arrivé à Munich. Le Bayern, lui, tient enfin l’un des visages les plus en vue de la Coupe du monde.
Le dossier, il est vrai, était plié depuis un moment. Officialisé au tout début du mois, le transfert du milieu offensif marocain avoisine les 52 à 55 millions d’euros, add-ons compris, pour un contrat qui court jusqu’en 2031. Une vente record dans l’histoire du PSV Eindhoven, qui n’avait jamais encaissé pareille somme pour l’un des siens. L’actualité, désormais, c’est son intégration : sa présentation, ses premiers pas dans le vestiaire de Vincent Kompany, l’entame d’un nouveau chapitre.
Une pépite forgée aux Pays-Bas
Comment en est-on arrivé là ? Il faut regarder du côté d’Eindhoven. Saibari y a explosé, saison après saison, jusqu’à devenir un cadre incontournable. Dix-neuf buts et neuf passes décisives toutes compétitions confondues lors du dernier exercice, ponctué d’un titre de champion des Pays-Bas. Trois Eredivisie de rang, deux Coupes nationales : le garçon a le palmarès d’un habitué des sommets.
Puis vint le Mondial. Et là, le grand public a découvert ce que les observateurs néerlandais savaient déjà. Son but face au Brésil, lors du nul 1-1 en ouverture, a fait le tour du monde. De quoi affoler le marché — sauf que le Bayern, malin, avait posé ses jalons bien avant que l’enchère ne s’emballe. Max Eberl, le patron sportif munichois, a bouclé l’affaire avec un timing quasi parfait.
Quel rôle pour le Marocain ?
Reste la question qui intéresse les supporters : où va-t-il jouer ? Les premières indications dessinent un profil hybride. Second attaquant, numéro 10, ou doublure de Harry Kane — un peu à la manière de ce que propose Serge Gnabry. De la polyvalence, donc, exactement ce que Kompany recherchait cet été.
Son arrivée comble aussi un vide. Le départ de Nicolas Jackson, reparti à Chelsea au terme de son prêt, laissait un trou dans le secteur offensif. Saibari le remplace, et sur le papier, l’upgrade est net.
Le pari bavarois
En voilà un coup dont on reparlera peut-être longtemps. Le Bayern mise sur un talent en pleine ascension, capté au moment idéal, à un tarif qui — malgré quelques murmures sur son montant — reste raisonnable au regard des standards du marché. Vingt-cinq ans, un vécu de gagneur, une étiquette de révélation planétaire : le portrait a de quoi séduire.
Il faudra confirmer, évidemment. Passer de l’Eredivisie à la Bundesliga n’a rien d’une formalité, et l’ombre de Kane est encombrante. Mais le Maroc a offert au Bayern une vitrine idéale, et Munich n’a pas hésité.
Saibari est là. Le vestiaire va en parler. Et Kompany, lui, tient une carte de plus dans sa manche.




