Le buteur gabonais s’engage jusqu’en 2028 avec le promu galicien. Une vente à prix cassé, imposée par les comptes, alors que Bruno Genesio voulait le conserver.
Rarement un cadre offensif aura filé aussi discrètement, et pour si peu. Vendredi soir, pendant que l’OM disputait à Abidjan son premier match de préparation, le Deportivo La Corogne officialisait l’arrivée de Pierre-Emerick Aubameyang. Montant de l’opération : 1,5 million d’euros. À peine plus que le prix d’un espoir de National.
Le dossier est désormais bouclé. À 37 ans, l’international gabonais (86 sélections) paraphe un contrat de deux saisons, jusqu’en juin 2028, avec le club galicien tout juste remonté dans l’élite après huit ans de traversée du désert. Un retour en Liga, quatre ans après son passage au Barça — ou plutôt sa demi-saison éclatante de 2021-2022.
Reste ce chiffre qui coince. 1,5 million, soit le montant exact de la clause inscrite dans son contrat, quand Transfermarkt évaluait encore le joueur autour de 2,5 millions. Marseille le lâche donc sous sa valeur, alors qu’il lui restait un an de bail. La pilule pourrait être dure à avaler pour une partie du Vélodrome, tant l’attaquant avait porté l’équipe la saison passée.
Car les chiffres, justement, plaident pour lui. Quatorze buts toutes compétitions confondues, dont dix en Ligue 1, assortis de six passes décisives en trente apparitions dans l’élite. Des statistiques que bien des titulaires trentenaires signeraient les yeux fermés. En voilà une nouvelle qui va faire jaser du côté de la Commanderie.
Alors pourquoi vendre ? La réponse tient en un mot : les comptes. Privé de Ligue des Champions et sous pression financière, l’OM devait alléger une masse salariale devenue trop lourde. Le départ d’Aubameyang libère à lui seul près de 4,2 millions d’euros bruts annuels. Une bouffée d’oxygène. Un vide en attaque, aussi.
Le plus surprenant reste ailleurs. Selon nos informations, Bruno Genesio souhaitait conserver son buteur — la direction en a décidé autrement. Le technicien, arrivé tardivement sur le banc phocéen après les auditions devant l’UEFA et la DNCG, avait pourtant admis dès sa prise de fonction qu’il faudrait composer avec les contraintes du club. Composer, oui. Subir, peut-être aussi.
Détail qui en dit long : le Gabonais n’a même pas fait le voyage en Côte d’Ivoire avec le groupe. Les dés étaient jetés depuis plusieurs jours.
Du côté espagnol, en revanche, on jubile. Le « Depor », monument déchu du football ibérique, s’offre une vraie tête d’affiche pour son grand retour parmi l’élite. Aubameyang, lui, a tranché sans trembler : il aurait pu empocher 3,5 millions annuels en Turquie, il a préféré le prestige de la Liga. Une dernière vitrine avant le crépuscule.
Onzième club d’une carrière devenue vagabonde depuis 2022, La Corogne referme un chapitre marseillais court mais dense. Pour l’OM, il faut désormais trouver un buteur. Vite.




