Une soirée face au Brésil, et tout bascule. Ou presque. Car en quelques minutes de jeu, Ayyoub Bouaddi est passé du statut d’espoir prometteur à celui de révélation mondiale. À 18 ans, le milieu du LOSC a tenu tête à la Seleção — rien que ça —, et la planète foot n’a pas tardé à le remarquer.
Reprenons. Titulaire avec le Maroc pour son entrée dans la compétition, le natif de Senlis a livré une copie quasi parfaite lors du nul concédé par les Lions de l’Atlas (1-1). Omniprésent dans l’entrejeu, serein sous la pression, capable de casser les lignes balle au pied : le gamin a tout fait. Plus de 90 % de passes réussies, davantage de ballons touchés que n’importe lequel de ses partenaires. Les chiffres parlent, et ils sont éloquents.
Forcément, ça s’agite en coulisses. Le PSG, en quête d’un milieu pour la saison à venir, garde un œil attentif sur le dossier — Luis Campos et Luis Enrique, dit-on, apprécient le profil. Mais Paris n’est pas seul sur le coup. Arsenal pousse, Liverpool aussi, au point d’avoir dépêché des recruteurs au MetLife Stadium. Une vraie guerre d’influence, en somme.
Le timing, lui, n’a rien d’un hasard. Une Coupe du monde réussie, et la cote d’un joueur s’envole en quelques rencontres. Bouaddi, valorisé autour de 50 millions d’euros, pourrait voir son prix grimper bien au-delà. D’ailleurs, du côté de Luchin, on ne brade pas : Olivier Létang aurait fixé la barre à 70 millions, au minimum. Un sacré pactole pour une pépite maison.
Quant au principal intéressé, il garde la tête froide. Interrogé sur son avenir après le choc, le Marocain a botté en touche, préférant se concentrer sur le tournoi. Sage. À son âge, mieux vaut laisser parler le terrain — et il le fait plutôt bien.
Reste une inconnue, et elle est de taille : où signera-t-il ? Le joueur pencherait pour le PSG, quand son entourage verrait davantage la Premier League. Le feuilleton, on le sent, ne fait que commencer. Et il pourrait s’étirer tout l’été.
Un détail, enfin, qui a son importance. Le LOSC a prolongé Bouaddi jusqu’en 2029 juste avant la compétition. Un coup malin — disons plutôt une anticipation lucide —, qui place les Dogues en position de force pour négocier. Vendre, oui, mais au prix fort.
Pour l’heure, place au jeu. Le Maroc nourrit de grosses ambitions dans ce Mondial, et Bouaddi entend bien y prendre toute sa part. Le mercato, lui, attendra. Mais une chose est sûre : on n’a pas fini d’entendre parler du petit prodige de Senlis.






