Après des semaines de bras de fer avec l’AJ Auxerre, l’attaquant malien tient enfin la porte de sortie. Le Paris FC touche au but.
Un document signé, une promesse, puis un revirement. Voilà, en somme, le point de départ d’un feuilleton qui aura empoisonné tout un été bourguignon. À l’origine du litige : un bon de sortie fixé à 6,5 millions d’euros, paraphé l’an passé par le président auxerrois Baptiste Malherbe en échange d’une prolongation jusqu’en 2027. Lassine Sinayoko pensait l’affaire entendue. Il se trompait.
Car lorsque le Paris FC a dégainé, mi-juillet, une offre calquée sur ce fameux accord, l’AJA a fait volte-face. Trop peu, a estimé la direction, qui juge désormais son buteur — 12 réalisations et 4 passes décisives en 32 matchs de Ligue 1 la saison passée — bien au-delà de cette somme. Le document ? Sans valeur juridique contraignante, a tranché le club. La pilule, on s’en doute, est passée de travers pour le joueur.
Vexé, l’international aux trente sélections a sorti l’artillerie : grève de l’entraînement, refus catégorique d’envisager une autre issue qu’un départ vers la capitale. Un rapport de force assumé, rare à ce niveau. Et payant, semble-t-il.
Selon nos informations, corroborées par L’Équipe, l’accalmie est enfin revenue en Bourgogne. Les deux clubs ont débloqué les négociations et trouvé un accord de principe, quelque part entre 6,5 et 10 millions d’euros. Tout s’est accéléré ces derniers jours. Reste une dernière formalité — ou plutôt une exigence : l’AJA réclame le retour de son attaquant à Auxerre pour un entretien avant de valider quoi que ce soit. Le club icaunais, prudent, veut boucler les choses dans l’ordre.
Pour le Paris FC, l’enjeu dépasse le simple renfort offensif. Porté par des ambitions nouvelles et des moyens conséquents, le club de la capitale mise sur ce profil pour franchir un cap. Un buteur confirmé en Ligue 1, capable de porter une attaque : la denrée est rare sur le marché, et convoitée.
Car Sinayoko ne manquait pas de prétendants. L’Angleterre lorgnait sérieusement — Ipswich avait poussé, Hull City serait venu tard aux nouvelles avec une proposition supérieure, dit-on. En France aussi, Lens, Lille, Monaco et Rennes avaient tous coché son nom à un moment ou à un autre. Le Malien, lui, n’a jamais varié : ce sera Paris, ou rien.
Du côté d’Auxerre, le coup sportif est rude à encaisser. Perdre son meilleur buteur à quelques semaines de la reprise, pour Will Still fraîchement installé sur le banc, voilà qui complique sérieusement les plans. Mais le club, ancré dans une commune de 34 000 habitants, vit aussi de ces ventes. Question d’équilibre financier autant que d’orgueil.
Les dés, désormais, semblent jetés. Il ne manque qu’une poignée de main et quelques signatures pour clore ce dossier qui aura tenu tout l’Yonne en haleine. En voilà un transfert qui aura fait couler beaucoup d’encre.




