Officiellement lillois, l’ancien grand espoir du PSG Tanguy Nianzou débarque dans le Nord pour relancer une carrière contrariée. Un joli coup, à condition que le corps suive.
Il fut, un temps, présenté comme l’un des plus beaux talents de sa génération. Formé au PSG, lancé dans le grand bain à peine majeur, Tanguy Nianzou traînait derrière lui une réputation flatteuse — celle du défenseur central promis à un grand avenir. Six ans plus tard, le voilà de retour en Ligue 1, à Lille, avec une carrière à reconstruire.
C’est acté : le LOSC a officialisé, ce week-end, la signature du Franco-Ivoirien de 24 ans. Un contrat de deux saisons, assorti d’une année en option. Le montant ? Il n’a pas filtré, mais l’affaire n’a semble-t-il pas coûté bien cher aux Dogues, le FC Séville — étranglé par ses finances — cherchant à dégraisser sa masse salariale. Une bonne pioche, sur le papier du moins.
Car le parcours du joueur, lui, invite à la prudence. Après un départ retentissant vers le Bayern Munich en 2020, Nianzou n’a jamais vraiment décollé. Deux titres de champion d’Allemagne au compteur, certes, mais un temps de jeu haché, puis un passage à Séville où les blessures l’ont trop souvent cloué au repos. Douze matchs seulement la saison passée. Le talent est là, intact ; la régularité, elle, reste à trouver.
Voilà, en somme, tout l’enjeu du pari lillois. En misant sur ce profil, le LOSC joue la carte de la relance — dénicher un joueur au potentiel élevé, mésestimé ailleurs, pour le remettre sur les rails. Une stratégie que le club nordiste connaît par cœur, lui qui a bâti sa réputation sur ce genre de coups malins.
Le timing, il faut le dire, tombe à pic. Avec les départs de plusieurs cadres de la défense en fin de contrat, Lille avait un trou à combler dans l’axe. Nianzou arrive donc à point nommé, et pourrait rapidement s’installer dans la charnière, sous les ordres de son nouvel entraîneur. À lui, désormais, de saisir sa chance.
Le principal intéressé, en tout cas, ne cache pas son enthousiasme. Revenir en France, retrouver le championnat où tout a commencé, repartir sur de bonnes bases : le défenseur voit dans ce transfert l’occasion de relancer pleinement une carrière longtemps freinée par les aléas. Un nouveau départ, en quelque sorte.
Reste que les paris de ce type comportent toujours une part de risque. Combien de talents annoncés ne se sont jamais pleinement révélés ? Nianzou a le profil, l’expérience, la marge de progression. Il lui manque l’essentiel — ou plutôt le plus dur à décrocher : la continuité, et un corps qui tienne le choc.
Pour Lille, l’opération a des allures de coup double : un renfort de qualité à moindre coût, et un pari sur l’avenir qui pourrait rapporter gros. Si la mayonnaise prend, le club aura fait une sacrée affaire. Et le public de Luchin, lui, ne demande qu’à y croire.




