L’affaire dépasse largement le cadre du sport et met une nouvelle fois en lumière les dérives des réseaux sociaux. Papacito, influenceur et youtubeur d’extrême droite, sera jugé le 26 février à Paris pour cyberharcèlement à l’encontre de la boxeuse algérienne Imane Khelif. L’annonce a été faite ce vendredi 9 janvier par le parquet de Paris. Les faits reprochés remontent aux Jeux olympiques de Paris 2024, période durant laquelle l’athlète avait été la cible d’une violente polémique liée à son genre.
Championne olympique et figure majeure de la boxe féminine, Imane Khelif avait porté plainte le 12 août 2024, dénonçant une « campagne féroce » de harcèlement en ligne. Selon l’accusation, Papacito – de son vrai nom Ugo Gil-Jimenez – aurait relayé sur TikTok des propos jugés offensants et stigmatisants, contribuant à alimenter un climat de haine autour de la sportive. L’influenceur dispose d’une audience significative, avec plus de 30 000 abonnés sur TikTok et 160 000 sur Instagram, un élément central dans l’évaluation de l’impact des messages diffusés.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte particulièrement sensible. Pendant les JO 2024, Imane Khelif avait vu ses performances sportives éclipsées par une polémique infondée sur son identité, largement relayée sur les réseaux sociaux. Malgré cette pression, la boxeuse avait su rester concentrée pour décrocher la médaille d’or, devenant un symbole de résilience pour de nombreux observateurs du monde sportif. Mais en coulisses, l’acharnement numérique a laissé des traces, poussant l’athlète à saisir la justice afin de faire reconnaître la gravité des faits.
Pour Me Nabil Boudi, avocat d’Imane Khelif, l’enjeu dépasse le cas individuel. « C’est important que la justice passe, et qu’elle rappelle que l’espace numérique n’est pas une zone de non-droit. Le cyberharcèlement, de manière générale, peut avoir des répercussions dramatiques pour les victimes », a-t-il déclaré à l’AFP. Ce procès, très attendu, pourrait ainsi faire date en rappelant la responsabilité des influenceurs et la nécessité de protéger les sportifs, souvent exposés à une violence numérique accrue lors des grands événements internationaux.



