Recruté le 1er février 2026 pour 10 millions d’euros, Yassir Zabiri devait incarner le renouveau offensif du Stade Rennais après la vente retentissante de Kader Meïté à Al-Hilal pour plus de 30 M€. Deux mois plus tard, l’attaquant marocain de 20 ans n’a pas joué une seule minute de Ligue 1 et son avenir en Bretagne est déjà remis en question.
Le profil de Zabiri, sur le papier, avait tout pour séduire Rennes. Meilleur buteur de la dernière Coupe du monde U20 au Chili avec les Lionceaux de l’Atlas, révélation de Famalicão avec 5 buts en 17 matchs en Liga Portugal, champion du monde de la catégorie : le natif de Marrakech, pur produit de l’Académie Mohammed VI de football, cochait toutes les cases du talent émergent à fort potentiel. Rennes avait même dû repousser la concurrence d’Al-Ittihad, et batailler ferme — Famalicão réclamait initialement 17 M€ — avant de finaliser l’opération à 10 M€ hors bonus, selon L’Équipe et Le 360. Résultat depuis le 1er février : zéro but, zéro passe décisive, 3 apparitions en Ligue 1 pour un total de 26 minutes de jeu cumulées.
Quand le timing d’un transfert brise un joueur avant qu’il commence
Ce qui rend ce dossier particulièrement instructif, c’est moins le bilan chiffré que la mécanique qui l’explique. Arriver en cours de saison dans un club qui bataille pour l’Europe, sans préparation estivale, sans avoir eu le temps d’assimiler les principes tactiques du staff, dans une langue étrangère pour un joueur formé au Maroc puis au Portugal : c’est précisément le scénario que les cellules de recrutement les plus avancées cherchent aujourd’hui à éviter. L’histoire récente de la Ligue 1 regorge de cas similaires : Seko Fofana recruté par Lens en janvier 2020 n’a mis que deux rencontres pour exploser, certes — mais il était Français, connaissait déjà le championnat. Zabiri, lui, débarque d’un football portugais de deuxième division, dans un contexte compétitif radicalement différent. La comparaison tourne à son désavantage, et le Stade Rennais commence à payer le prix de ce recrutement précipité dans les 24 dernières heures du mercato hivernal.
L’été 2026, déjà une question de survie pour le joueur et le club
La direction rennaise se retrouve donc face à un choix inconfortable. Garder Zabiri pour lui offrir une vraie préparation estivale et un vrai rendez-vous avec la Ligue 1 2026-2027 — c’est le scénario optimiste, celui d’un investissement à long terme sur un joueur sous contrat jusqu’en 2029. Le prêter pour qu’il retrouve du temps de jeu en championnat — scénario de plus en plus envisagé dans les couloirs du Roazhon Park selon les sources du mercato — c’est admettre publiquement l’échec d’un recrutement à 10 M€ réalisé dans l’urgence. Dans les deux cas, Rennes paie cash l’erreur de méthode : avoir comblé le vide laissé par Meïté avec un inconnu du championnat de France, aussi talentueux soit-il, sans filet de sécurité ni plan d’intégration solide. Zabiri mérite mieux que ce démarrage raté — et Rennes aussi.



